Réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI

Le Directeur général de l'OIT appelle à plus de soutien financier international pour les besoins essentiels des pays en développement

Dans ses déclarations aux réunions annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le Directeur général de l'OIT a souligné l'importance d'aider les pays en développement surendettés à soutenir la protection sociale et le travail décent.

Actualité | 12 octobre 2023
GENÈVE (OIT Infos) – Le Directeur général de l'Organisation internationale du Travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, a appelé à une aide plus rapide aux pays en développement surendettés afin qu'ils puissent continuer à financer la protection sociale et le travail décent.

Dans des déclarations faites lors de la réunion de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se tient à Marrakech, au Maroc, M. Houngbo a souligné qu'il fallait faire davantage pour remédier aux ressources financières limitées des pays en développement en poursuivant la restructuration et l'allégement de la dette et en réformant le système financier mondial. Il a ajouté que dans les pays à faibles et moyens revenus, l'OIT ne prévoit pas d'amélioration rapide de l'emploi avant 2025.

«La situation budgétaire des pays à faible revenu doit faire l'objet d'une attention particulière, car le resserrement des politiques monétaires dans les économies avancées affecte gravement leurs soldes extérieurs et accroît la vulnérabilité de leur dette. Cette situation, combinée à la flambée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, réduit considérablement la marge de manœuvre des gouvernements en matière d'investissements durables et de protection sociale», a déclaré M. Houngbo devant le comité de développement de la Banque mondiale.

Il a cité un rapport des Nations Unies datant de juillet 2023, selon lequel 3,3 milliards de personnes vivent actuellement dans des pays qui dépensent plus pour le service de la dette que pour l'éducation ou la santé.

«Pour éviter que le fardeau de la dette n'entrave davantage le développement durable, les investissements dans les ressources humaines et les capacités de production doit être mieux pris en compte dans les évaluations de la viabilité de la dette et dans les mécanismes de résolution de la dette. Cela permettrait non seulement de soutenir les pays dans leur transition, mais aussi de (re)créer les conditions de la stabilité macroéconomique et de la transformation économique au fil du temps», a-t-il déclaré.

Le Directeur général a indiqué aux délégués que l'accélérateur mondial des Nations Unies pour l'emploi et la protection sociale et des transitions justes – lancé en septembre 2021 par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres – offrait une solution en trois étapes à ces questions: créer des stratégies et des politiques nationales pour l'emploi et la protection sociale qui facilitent des transitions équitables; combiner les financements nationaux et internationaux; et renforcer la coopération internationale.

«Les banques publiques de développement multilatérales, bilatérales et nationales et le FMI peuvent soutenir l'Accélérateur mondial en contribuant aux feuilles de route nationales dans les pays pionniers qui visent à définir les points d'entrée prioritaires nationaux et les stratégies de financement durable (...) ils peuvent fixer des objectifs d'impact social plus ambitieux pour encourager davantage de projets qui contribueront aux objectifs de l'Accélérateur mondial», a déclaré M. Houngbo.

Dans ses présentations écrites au Comité monétaire et financier international du FMI et au Comité du développement de la Banque mondiale, le Directeur général a noté que le sous-investissement dans la protection sociale reste l'une des principales raisons des faibles niveaux de couverture.

«Il existe de multiples options pour créer et étendre l'espace fiscal pour la protection sociale. Toutefois, les principales sources de financement doivent être des sources nationales régulières telles que les impôts progressifs et les cotisations sociales, étant donné que les engagements des systèmes et des socles de protection sociale sont des engagements à long terme», a-t-il déclaré. «Il est essentiel que les pays développent des programmes visant à formaliser l'emploi, les entreprises et les transactions économiques, ainsi que les institutions nécessaires pour collecter les impôts et les cotisations sociales.»

M. Houngbo a également souligné qu'une réponse décisive au changement climatique exige des approches cohérentes et des cadres politiques globaux, y compris dans le secteur privé.

«L'action pour le climat, si elle est correctement gérée, peut permettre de créer des emplois et de meilleure qualité. Tant les mesures d'adaptation que de mitigation offrent la possibilité de créer de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises, tout en préservant ceux qui existent déjà», a-t-il déclaré au comité du développement. «Nous pouvons escompter la création de plusieurs millions d'emplois supplémentaires dans les années et décennies à venir, à condition que les programmes d'éducation et de renforcement des compétences soient étendus de manière appropriée, que des programmes de développement de la main-d'œuvre soient mis en place et que les mesures relatives au marché du travail soient affinées en fonction de l'évolution des besoins.»